jeudi 6 décembre 2018

création d'un cours en ligne gratuit, ouvert à tous, autour de la vie musicale au XVIIe siècle.

Participez à la création d'un cours en ligne gratuit, ouvert à tous, autour de la vie musicale au XVIIe siècle ! 


La musique baroque, d’une façon générale, est un patrimoine qui doit vivre et s’ouvrir sans cesse à de nouveaux publics. Sorbonne Université participe - avec des partenaires tels que le Louvre, le Festival d’Ambronay et l’Ensemble Correspondances -  à la création d’un cours en ligne appelé « MOOC », gratuit, ouvert à tous, qui se présente comme un voyage musical dans la France du XVIIe siècle.

La technologie se met au service du patrimoine pour concevoir un outil accessible à tous, traduit en anglais et enrichi de nombreuses ressources visuelles, sonores et virtuelles !

Pour soutenir ce projet, 3 possibilités s'offrent à vous :

·         aider à financer sa réalisation sur la plateforme ulule,
·         contribuer à le faire connaître en partageant l'information sur les réseaux sociaux,
·         laisser un commentaire sur la page Ulule du projet.
Nous avons jusqu’au 21 décembre pour collecter 15000 € ! 

Merci de votre aide ! 

samedi 10 novembre 2018

Septième journée d’étude intitulée "La musique dans les autres arts : poïétique, fonction, signification"

Musiconis a le plaisir de relayer cette information : 

Bonjour à tous,

Le groupe des Jeunes Chercheurs du GREAM prépare sa septième journée d’étude intitulée "La musique dans les autres arts : poïétique, fonction, signification", qui aura lieu le vendredi 8 février 2019 à l’université de Strasbourg. S'adressant particulièrement aux jeunes chercheurs docteurs et doctorants, elle s’intéressera aux œuvres qui mélangent la musique avec d’autres arts et les différents types d’hybridation qui en ressortent. Vous trouverez ci-joint l’appel à communications qui contient la description de la thématique générale et les informations pratiques de l’événement. L’appel à communications est ouvert jusqu’au 16 novembre prochain. Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire,

Avec tous nos remerciements,
Bien cordialement,

Camille Lienhard et Julie Walker
Université de Strasbourg
Labex GREAM 
EA 3402 - ACCRA 

mercredi 17 octobre 2018

Appel à candidatures FAB-Musiconis 2019

Appel à candidatures
FAB-Musiconis
Programme 2019

« Partner University Fund » (Fondation FACE), Columbia University et Sorbonne Université se sont engagés dans un  programme de trois ans en faveur des étudiant.e.s de Master ou de Doctorat qui souhaitent recevoir une formation spécialisée en sciences humaines numériques à partir de  l'analyse des représentations du son au Moyen Age. 
Les apprentissages de l’indexation numérique se feront sur la base de données Musiconis (UMR IREMUS)  à partir d’un tutoriel en ligne et seront complétés par des cours, des séminaires et des visites de centres de ressources et de musées lors des sessions à New-York et à Paris.

Voir le programme sur le site
 
https://edblogs.columbia.edu/musiconis/
et
http://musiconis.huma-num.fr/

Ce programme d’échange non-diplômant de haut-niveau est ouvert aux étudiantes et aux étudiants médiévistes inscrits à Columbia ou à Sorbonne-Université dans les formations de Master et de Doctorat en Histoire de l'art, Littérature, Études médiévales, Musique et musicologie ou toute autre discipline liée à la thématique de l’enseignement proposé. 

Cette année, six étudiantes ou étudiants de chacune des deux universités auront la chance de travailler intensivement avec leurs homologues et les équipes de recherche de l'autre institution pendant deux périodes de deux semaines. 

La première session de travail aura lieu à Paris du  6 au 20 janvier 2019, la deuxième session aura lieu à New York du 23 avril au 7 mai 2019. Seront pris en charge par la Fondation : les frais de voyage, de transports collectifs, d'hébergement, de visites de musées, la plupart des repas. Les candidates et les candidats retenus devront participer à l'ensemble des activités.

Pour postuler, il suffit d’envoyer une lettre de motivation, un CV, et les relevés de notes de Licence ou de Master aux deux responsables du programme 

Susan Boynton (slb184@columbia.edu) et  

avant le 3 novembre 2019 (résultats le 8 novembre).

La lettre de motivation doit montrer l'intérêt et les compétences acquises  pour suivre le programme et expliquer comment l'échange pourrait s’inscrire utilement dans le parcours d’étude et de recherche du candidat ou de la candidate. La maîtrise de l’anglais est indispensable.



Detail from the right leaf of an ivory diptych with the Coronation of the Virgin and angel musicians, Venice (?), late fourteenth century. New York, Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection, 1971 (photo: www.metmuseum.org)

lundi 8 octobre 2018

LA MUSETTE, UN INSTRUMENT DE COUR, UN INSTRUMENT TOUT COURT.


 PROJET DE JOURNÉES D’ÉTUDES INTERNATIONALES 

THÈME : 


LA MUSETTE, UN INSTRUMENT DE COUR, UN INSTRUMENT TOUT COURT

Résumé :


La musette, petite cornemuse savante utilisée dans la musique de la cour de France, entre la Renaissance tardive, et la fin de l’époque baroque, vers le milieu du XVIIIe siècle, a bénéficié par ailleurs d’un engouement extraordinaire de la haute société dans le cadre d’une pratique amateur.

Annonce :


Appel à contribution pour les journées d'études internationales autour de la musette de cour
France / Normandie - Université de Rouen 27, 28 et 29 Mai 2019

Argumentaire:


La musette, cornemuse  utilisée abondamment dans la musique de la cour de France, entre la Renaissance tardive et la fin de la l’époque baroque, a suscité un engouement extraordinaire, touchant une société aristocratique avide de musiques pastorales, qui la pratiquait volontiers, souvent en compagnie de la vielle. Débuté à la fin du XVIIe siècle, ce phénomène, touchant jusqu’à la famille royale, a connu son apogée entre les années 1720 et 1760 et a conduit les compositeurs français, tels Boismortier, Corrette ou les frères Chédeville (pour ne citer que les plus prolifiques), à éditer un volume de musique de chambre impressionnant, comprenant près de 200 livrets de partitions, plaçant ainsi la musette juste derrière le violon et la flûte traversière. S’est diffusé alors, au cours de la première moitié du XVIIIème siècle, un répertoire riche et varié, allant de « petits airs » (danses, vaudevilles, brunettes, etc.) à des sonates et concertos nécessitant une réelle virtuosité, sur cet instrument dont la facture instrumentale n’a cessé de se complexifier. Des parties de musettes sont  également présentes en nombre dans des opéras, de Lully à Rameau…
La musette s’est éteinte, emportée par la fin du style musical baroque, dans les années 1760. Si elle a subsisté en représentation dans les arts décoratifs jusqu’à la fin du XIXe siècle, sa pratique musicale a totalement cessé, pour ne renaître que bien longtemps après, au tout début des années 1980, à la faveur du regain d’intérêt pour la musique ancienne de cette période. Depuis, sa pratique n’a cessé de croître, l’instrument est aujourd’hui enseigné dans certains conservatoires (Toulouse puis Versailles en France, Louvain en Belgique…) disposant d’un département de musique ancienne.

Ces journées d’études ont donc pour objet de mieux faire connaître et de valoriser davantage la musette dans tous ses aspects. Elles s’adressent aux spécialistes, comme aux simples mélomanes et à toute personne intéressée. Elles proposent des événements de différentes natures qui associent chercheurs, fabricants, praticiens et amateurs éclairées. La localisation de ces journées en Normandie apparaît comme une évidence du fait des liens étroits que la région et le monde de la musette entretiennent depuis toujours. Outre le fait que Michel Corrette (1707-1795), qui a beaucoup composé pour la musette soit natif de Rouen, le « noyau dur » de la facture de la musette aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec les deux familles Hotteterre et Chédeville, est localisé dans le secteur de La Couture-Boussey dans l’Eure. Si certains membres de ces deux grandes dynasties de facteurs se sont installés dans la capitale pour se rapprocher de leur clientèle de la cour de Versailles, ils ont toujours conservé des liens importants avec leur lieu d’origine. Ils ont cumulé, à Paris, leur activité de facteur d’instruments, avec celles de maître de musette et de musicien du roi.
Enfin, la grande faveur dont a bénéficié la musette de cour à son époque participe de la naissance et de l’évolution de nombre de genres artistiques susceptibles d’intéresser toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire, la musicologie, l’histoire de l’art et à la littérature : Ancien Régime, organologie, pratique et répertoire, Iconographie, naissance et évolution de la Pastorale, théâtre parlé et théâtre lyrique, etc.

Modalités pratiques

Les communications d’une durée de 45 minutes seront suivies de 15 minutes d’échange. Les frais de voyage et de logement seront pris en charge pour tous les intervenants. Les propositions de communication de 300 mots, accompagnées d’un bref curriculum vitae et d’une liste de publications, sont à envoyer
avant le 31 décembre 2018.
Informations en ligne : nous vous invitons à vous rendre sur le site internet des Musiciens de Saint-Julien - http://www.lesmusiciensdesaintjulien.fr/ 



Description du projet :

Les journées d’études internationales se dérouleront les 27, 28 et 29 Mai 2019 et se déclineront en une série de conférences centrées sur l'instrument, sa facture et sa pratique suivies de tables ronde et de concerts.
- L'historique de la musette. (Les musettes anciennes conservées)
- Le point sur la facture instrumentale. État des lieux de la recherche
- Les Normands à Versailles: De la Couture à la capitale.
- L'iconographie de la musette. Tour d'horizon des représentations.
- L'ornementation et l'articulation à partir de la méthode de Hotteterre.
- Le répertoire appliqué à la danse. Danse et Cadence.

Les travaux universitaires seront ponctués de moments musicaux témoignant de la vitalité de la pratique de l'instrument:
Récitals
Concerts
Présentation d'ateliers
bal baroque

Les luthiers seront étroitement associés aux journées d'étude et une place particulière leur sera réservée.

Une visite thématique de la ville de Rouen sera proposée : 
Rouen, la ville au cent musettes

Ces journées se dérouleront parallèlement au stage annuel consacré à la musette et à la vielle à roue baroques, animé par l’ensemble Les Musiciens de Saint-Julien (dir. François Lazarevitch) les 8, 9 et 10 juin 2019

Organisateurs du projet :

Université de Rouen : Association des laboratoires du CéRéDI et du GRHIS compte tenu de l’ampleur du projet et des thématiques qu’il met en œuvre.

Association : « Les Musiciens de Saint-Julien », directeur artistique François Lazarevitch, 4 rue Adrien Pasquier 76000 Rouen. Co organisateur, notamment pour la partie musicale.


Lieu:
Maison de l'Université Mont-Saint-Aignan

Dates:
27, 28 et 29 Mai 2019



Mots clé:
histoire, musicologie, histoire de l’art, littérature, Ancien Régime, organologie, pratique et répertoire, iconographie, pastorale, théâtre parlé , théâtre lyrique, musette baroque, Versailles, Normandie, facture instrumentale. 

Contact:
François Lazarevitch: f.lazarevitch@gmail.com


mardi 11 septembre 2018

XIII Misericordia International Colloquium 2018 : Choir Stalls and their Patrons

Un colloque sur les stalles se tiendra du 13 au 16 septembre à Rijeka en Croatie. Frédéric Billiet (Sorbonne Université, Musiconis, Musicastallis) interviendra le 13 septembre. 






























vendredi 13 juillet 2018

C. Vendries : Le musicien des jeux dans la Rome antique et les lieux de spectacle.


Le musicien des jeux dans la Rome antique et les lieux de spectacle : performance, acoustique et lieux de spectacle.
Par Christophe Vendries (Univ. Rennes II).
Communication du mercredi 17 mai 2017, INHA, salle Fabri de Peiresc.

Compte rendu de la conférence : Boris Courrège, 30 mai 2017.

Depuis que les jeux publics à Rome sont envisagés dans leur dimension anthropologique, la question des performances et de la perception sonore est davantage prise en compte. La relation entre les musiciens et les lieux de la musique est encore un domaine peu étudié. Les sources de documentation sont abondantes, dans la littérature et dans l’iconographie, et font émerger une « culture commune » des spectacles à l’échelle de l’Empire. La difficulté majeure est de situer le musicien dans un contexte et dans un espace bien déterminés, aucun document n’identifiant clairement la place qui lui est dévolue. Tertullien déclare que les spectacles s’adressent « aux yeux et aux oreilles », ce qui évoque pour nous l’idée d’un « spectacle total ». Le musicien y est rarement l’acteur principal, mais il accompagne l’acteur, le gladiateur, le magistrat. La seconde difficulté est d’identifier le contexte du spectacle représenté : est-ce la commémoration d’un spectacle précis, ou bien le témoignage d’un attachement à la culture classique ? Aussi la lecture de ces images reste-t-elle ouverte.

Les monuments fournissent les formes adaptées aux différents types de jeux ou ludi : le théâtre (jeux scéniques), l’odéon (poésie et théâtre), l’amphithéâtre (gladiature et chasses), le cirque (courses de char), et le stade (jeux gymniques).Un document nous plonge dans l’ambiance des jeux d’une cité italienne : le relief de Castel Sant’Elia, où figure au centre de la scène d’un théâtre le magistrat municipal, tandis que joue un tibicen, joueur de tibia, ou de double hautbois, dont on ne sait s’il se trouve sur la scène ou s’il joue pour la cité. Dans une salle à manger, ou triclinia, d’une villa de Miriamin, en Syrie, une mosaïque présente un ensemble de musiciens sur une estrade en bois : joueurs d’orgue, de cithare, de crotales, d’auloi. Ici intervient de nouveau la difficulté de la contextualisation. Le domaine scénique est le plus abondamment traité dans l’iconographie, le théâtre étant le lieu privilégié de la musique, et le tibicen en est le principal musicien, comme nous l’apprennent les didascalies des comédies de Térence. L’iconographie diffuse les cartons hellénistiques, comme l’illustre une série de documents montrant une même scène du théâtre de Ménandre (dans son Théophorouménè), où figurent des joueurs de cymbales, de tympanon, un acteur soufflant dans des auloi à travers son masque, etc., reprise de multiples fois à travers les lieux et les époques jusqu’au IIIe s. Entre temps, les cartons hellénistiques ont été « réactualisés », les auloi grecs ayant fait place aux tibia romaines.

Par ailleurs, on constate une hybridation entre les concours musicaux et les jeux latins, comme le montrent les pavements d’époque tardive (vers 400) de la villa de Noheda en Espagne, située à l’écart des grandes cités, qui présentent des scènes de pantomimes et de jeux dans la tradition grecque, où l’on reconnaît le proscaenium d’un théâtre romain, et où se produisent mimes et musiciens (joueurs d’orgue, d’auloi, de cithare). La question de la contextualisation se pose d’autant plus qu’à la même époque les théâtres, qui ont cessé de fonctionner, sont détruits. Une énigme analogue est posée par la mosaïque du palais de Piazza Armerina en Sicile, d’époque tardive elle aussi (vers 330).

L’autre grand domaine est celui de la gladiature, qui jouit d’une grande popularité et tend à détrôner le théâtre. Les musiciens y occupent une grande visibilité, bien que simples auxiliaires, et sont essentiellement représentés par les joueurs de cornu, trompette droite, et de tuba, trompette courbe. Ici encore, la place précise dans l’amphithéâtre reste indéterminée. Une gemme du 1er s. ap. JC. montre des joueurs de cornu et de tibia accompagnant les gladiateurs et l’arbitre. Un relief de Fiano Romano montre un cornu sonnant la mort d’un gladiateur. Ces instruments suppléent peut-être à la mauvaise acoustique du monument, qui nécessite une portée sonore puissante, quoi que leur emploi se justifie aussi par leur évocation des thèmes de la  mort et de la guerre. Quelquefois ils sont accompagnés d’un orgue, comme on le voit sur la mosaïque de Nennig, en Allemagne, ou sur celle de Zliten en Tunisie, où une femme organiste est entourée de cornicines et d’un tubicen, ce qui laisse supposer de plus grandes possibilités mélodiques.

Le tubicen intervient par ailleurs au cirque, dont la qualité acoustique est encore plus faible. Sur une mosaïque de Piazza Armerina, il prend place sur l’arène, alors qu’on s’attendrait à le trouver en tribune. Il accompagne également les jeux gymniques aux thermes de Baten Zemmour en Tunisie, dont les mosaïques répertorient les diverses épreuves, alors qu’un aulète rythme les sauts d’un athlète, en conformité avec le Traité de gymnastique de Philostrate (IIIe s.).

En conclusion, alors que se pose la question de la pérennité de la tradition des spectacles à travers l’histoire romaine, une transmission s’est opérée à l’époque de l’Empire byzantin, lequel conserve dans son cérémonial les courses de char, comme l’illustre l’Obélisque de Théodose, dont la partie basse met en scène deux orgues, représentant les factions, des danseurs et musiciens, tandis que l’empereur figure dans sa loge, perpétuant ainsi le rapport entre les spectacles et le pouvoir.




vendredi 8 juin 2018

« L’iconographie des fêtes de Versailles au XVIIIe siècle : le cas des bals parés (1739-1775) » intervention de Raphaël Masson.


Compte-rendu de l’intervention de Raphaël Masson
(Conservateur en chef du Château de Versailles)
Mercredi 21 Mars 2018, BnF.

Compte-rendu rédigé par Florentin Morel.


A l’occasion de conférences organisées par Sorbonne Université, l’IReMus, la BnF et le centre Châtel, une intervention autour de « L’iconographie des fêtes de Versailles au XVIIIe siècle : le cas des bals parés (1739-1775) » eut lieu au Centre Richelieu de la BnF le mercredi 21 mars 2017 à 14h30. Cette conférence fut animée par Raphaël Masson, conservateur en chef du Château de Versailles et grand spécialiste des fêtes versaillaises. 
Tout d’abord, afin d’éviter toute confusion possible, Raphaël Masson distingua bien la différence entre bals parés et bals masqués. En effet, beaucoup plus rare, le bal paré est un spectacle monarchique, une réception, organisé dans le cadre d’un mariage ou d’un évènement dynastique. Le chercheur en énuméra seulement sept ayant eu lieu au XVIIIe siècle. Ces bals parés furent donnés dans trois lieux différents : le salon d’Hercules, salon le plus spacieux du Château de Versailles, dans lequel des gradins furent installés afin d’accueillir les invités (1739), mais également dans les grandes écuries où un théâtre provisoire fut construit (en 1745 et 1747) et dans l’enceinte de l’opéra royal pour les bals parés suivants. 
Durant son intervention, Raphaël Masson insista sur la stricte codification de ces évènements et détailla leur organisation. En effet, l’organisation des bals parés était placée sous l’autorité directe du roi, déléguant cette tâche à son premier gentilhomme. Les dames de la noblesse et de la Cour y étaient invitées pour assister ou danser. Chaque invitation respectait la hiérarchie sociale et le rang des invités. Les personnes, ne dansant pas, recevaient des cartons d’invitation (dont la couleur changeait selon le placement) pour assister au bal, comme s’il s’agissait d’un véritable spectacle, avec le numéro de porte et l’orientation des gradins. Ce système de contrôle des entrées permettait d’éviter la presse et les personnes étrangères à l’évènement mais également de gérer les flux. 
Le code vestimentaire ainsi que la coiffure à adopter étaient également très codifiés comme l’indiqua le chercheur en citant le texte d’un carton d’invitation : « les dames qui dansent seront coiffées en grandes boucles ». Grâce aux archives de l’époque, Raphaël Masson nous précisa que les dames qui dansaient étaient en « grand habit » et les hommes devaient porter l’habit boutonné et être coiffés de  façon particulière : « les cheveux en cadenette » ou « coiffé en bourse ». Tout ceci fut fixé durant le XVIIIe siècle. 


Du côté de l’exécution musicale, les archives permirent de déterminer le nombre de musiciens engagés pour les différentes occasions, leur répertoire et leur place dans la salle. L’effectif instrumental variait de 50 (en 1739) à 189 musiciens, musiciens pouvant faire partie de la musique du roi ou être musiciens indépendants. Raphaël Masson prit pour exemple l’effectif du bal paré de 1770 comptant 189 musiciens dont 54 venant de la musique du roi et 135 musiciens externes (selon les Archives Nationales). Le chercheur précisa que chaque musicien était rémunéré et costumé. 
L’ordre des danses de ces évènements était extrêmement fixé et suivait une hiérarchie du rang. Le bal commençait tout d’abord par un menuet et nous pouvons également avoir affaire à des danses variées, telles que la courante, la canarie, le passe-pied et la duchesse, suivies par les contredanses. En ce qui concerne les menuets, Raphaël Masson précisa bien qu’ils ne pouvaient être dansés que par des gens de haut rang. Il cita l’anecdote (ayant eu lieu en 1739) d’un danseur ayant invité à danser une femme n’ayant pas le rang nécessaire pour danser le menuet : « Le roi, voyant qu’elle était déjà levée, ne lui fit pas l’injure de la faire s’asseoir mais demanda à passer directement aux contredanses ». Le menuet est la danse du bal paré par excellence.
Raphaël Masson conclut son intervention en soulevant les sources nous permettant d’avoir une idée des musiques pouvant être jouées durant ces évènements. Il énuméra des programmes, des listes d’œuvres comportant des arrangements et des œuvres pour orchestre qui, pour autant, n’ont pas été composées pour la circonstance, ainsi que la partition d’un ballet hollandais de 1770.


BnF, département Bibliothèque-musée de l'opéra, CS-4060 (1)