vendredi 1 juin 2018

Iconographie de l'opérette du second-empire à la première guerre mondiale à travers la figure de Jacques Offenbach (1819 - 1880), Jean-Claude Yon

Iconographie de l'opérette du second-empire à la première guerre mondiale à travers la figure de Jacques Offenbach (1819 - 1880). 
Jean-Claude Yon
(Université de Saint-Quentin-En-Yvelines)
BnF, 04/04/2018.

Exposé illustré en 75 images. 

Compte-rendu de Julienne Recasens (Master 2 Musicologie, Sorbonne Université)

I - Iconographie d'Offenbach 
II - Partitions illustrées 
III - Iconographie des spectacles 

Offenbach utilise l’iconographie de différentes manières. L’analyse de cette source est donc complexe, il faut en comprendre l’origine, le statut et saisir sa portée. Tout d’abord, il faut noter que la période allant de 1850 à 1870 est marquée par de nombreuses innovations techniques mais aussi que la nature de l'image évolue tout au long de la vie d'Offenbach. Offenbach commence sa carrière parisienne en tant que violoncelliste virtuose en 1833, puis devient chef d'orchestre de la comédie-française en 1850. Il commence sa carrière au théâtre des bouffes parisiens en 1855. Offenbach atteint son apogée entre 1864 et 1870 avec La Belle Hélène et devient directeur au théâtre de la gaité en 1873. 

I - Iconographie d'Offenbach 

La médiatisation des auteurs est un phénomène important à partir de 1850. Le développement du vedettariat modifie l'organisation économique du monde des spectacles. Le musicien créateur se doit d'avoir un visage au même titre que ses oeuvres et que ses interprètes. Offenbach fut pionnier dans sa compréhension de son époque et donc de sa mise en scène puisqu'il semble s'être construit une image qui perdure. Le compositeur a su s’entourer des meilleurs comme le photographe Nadar qui a participé à la construction de l'image d'Offenbach dans les différentes étapes de sa vie. Finalement l'image qui a le plus marqué, montre un Offenbach malade et vieilli emmitouflé dans une fourrure. Par ailleurs, il existe de nombreuses photos prises au cours de ses voyages comme en 1876 lors de sa tournée aux Etats-Unis (photographe : José Maria Mora). 

Il existe aussi d’autres types de documents comme les portraits dessinés, cela nous permet de remonter plus tôt dans la vie d’Offenbach. Hermann Raunheim peint le compositeur en 1839 alors qu’il n’a que 20 ans. Ce portrait présente un Offenbach Lisztien et fait écho à d’autres virtuoses de cette époque. Alexandre Laemlein représente le violoncelliste en 1850. Par ailleurs, Gustave Doré ​étant un grand ami d’Offenbach va dessiner l’artiste en cherchant à le valoriser et à le légitimer. D’autres artistes comme Edouard Detaille représente le compositeur en train de composer les contes d’Hoffmann dans son atelier parisien. La mort d’une célébrité est un moment propice à la production d’image. Detaille présente le compositeur entouré de tous ses personnages avec une très grande précision dans les costumes de scène. 

Les caricatures véhiculent une certaine idée du compositeur. Elles sont innombrables. André Gill caricature souvent le répertoire Offenbachien notamment dans le journal l’éclipse en mai 1874. De même, il effectue une caricature de la première oeuvre d’Offenbach où celui-ci est représenté avec le protagoniste de son oeuvre qui n’est autre que le chien Barkouf. Par ailleurs, Ferdinand Bac et Nadar effectuent des caricatures du compositeur. Offenbach est donc une proie séduisante pour tous les caricaturistes de l’époque. 

La dernière forme de représentation est la peinture. Offenbach fait partie des nombreuses personnalités représentées sur le tableau de Manet datant de 1862, La musique aux Tuileries

II - les partitions illustrées 

L’iconographie est présente au sein des pièces les cinq fables de la Fontaine mais aussi dans les partitions chant / piano où l’illustration est unique et se trouve sur la page de couverture. Par ailleurs, il en existe dans les publications d’airs séparés qui servaient à exploiter au maximum les partitions d’Offenbach. L’intérêt de ces iconographies est de présenter les costumes et les décors de l’époque. Le répertoire de danse présente aussi des photos ou dessins comme dans les quadrilles. En revanche, il y a très peu d’images dans les livrets (sauf édition de la vie parisienne de 1875). 

III- Iconographie des spectacles 

Les années 1850 voient apparaître deux formats de photographie, la carte de visite 5/9 mais aussi la photo type cabinet 10/14. Les acteurs posent de plus en plus en costume. Toutefois les appareils ne peuvent être déplacés et le décor reste l’atelier du photographe et ne renseigne pas ou peu sur les décors des spectacles. Ce photos permettent de se rendre compte du jeu des acteurs, des physionomies et de quelques éléments de mise en scène. L’iconographie offenbachienne s’établit aussi à Vienne avec la représentation de l’acteur Lestroy dans le rôle de Jupiter dans l’opéra Orphée aux enfers. 

Quelques tableaux représentent les acteurs phares des opéras d’Offenbach. C’est le cas pour Hortense Schneider représentée par Alexis-Joseph Perignon dans le rôle de Boulotte dans l’opéra de Barbe bleu. De même, elle est représentée en grande duchesse de Gérolstein avec le costume conforme à la première représentation. 

Finalement, l’iconographie de ces spectacles se retrouve peu dans la presse mis à part quelques journaux ou numéros consacrés à des représentations d’Offenbach. Les documents les plus intéressants restent les affiches. Ces derniers ont un intérêt particulier puisqu’ils émanent d’Offenbach et de ses éditeurs, ils ont donc un aspect promotionnel comme l’affiche de l’ouverture des bouffes parisiens par Nadar en 1855. Par ailleurs, Offenbach est le premier à faire confiance à Jules Chéret pour l’affiche de son opéra, Orphée aux enfers et pour Boules de neige laquelle est alors la première affiche de spectacle en couleur. Finalement, un dernier support permet de rencontrer les opéras d’Offenbach, les assiettes consacrées au théâtre lyrique de la manufacture Creil-Montereau de 1870.

Alexandre Laemlein

Gustave Doré

Edouard Detaille

Ferdinand Bac

Hortense Schneider représentée par Alexis-Joseph Perignon.

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